Comparer des DPGF ligne par ligne : les erreurs à repérer avant de choisir

Mis à jour le 3 novembre 2026 · par TBCD, éditeur d’Arkivia

Comparer des DPGF ligne par ligne, c’est placer côte à côte, poste par poste, les prix de chaque entreprise et l’estimation, après avoir vérifié chaque calcul. Ce contrôle fait apparaître ce que le montant total cache : postes oubliés, « compris » non justifiés, quantités modifiées, erreurs d’arithmétique et écarts anormaux. Sans lui, vous risquez de classer des offres qui ne chiffrent pas les mêmes travaux.

DPGF, DQE et BPU : trois documents différents

DocumentSignificationType de marchéQuantitésRôle
DPGFDécomposition du prix global et forfaitairePrix global et forfaitaireIndiquées par le maître d’œuvre, à vérifier par l’entrepriseDétaille le prix forfaitaire, dû quelles que soient les quantités exécutées
BPUBordereau des prix unitairesPrix unitairesAucuneFixe les prix unitaires appliqués aux quantités exécutées
DQEDétail quantitatif estimatifPrix unitairesEstimées par le maître d’œuvre, identiques pour tousApplique les prix du BPU à ces quantités pour comparer les offres

Au forfait, l’entreprise s’engage sur un prix total pour un ouvrage défini : une quantité sous-estimée est en principe à ses risques. Aux prix unitaires, ce sont les quantités exécutées, multipliées par les prix du BPU, qui sont payées ; le DQE sert à comparer les offres sur une base commune. La valeur contractuelle de chaque pièce dépend du cahier des clauses administratives particulières et du règlement de la consultation : lisez-les avant de corriger quoi que ce soit.

Les sept contrôles à faire sur chaque DPGF

1. Les postes non chiffrés

Une ligne vide peut signifier un oubli, un poste inclus ailleurs ou un refus de réaliser la prestation. En menuiseries intérieures, un poste « blocs-portes coupe-feu » vide peut représenter 15 000 à 30 000 € HT. Ne neutralisez jamais une ligne vide en silence : demandez par écrit si le poste est inclus, et où.

2. Les mentions « compris », « inclus » ou « PM »

« Compris » signifie que l’entreprise déclare le poste inclus dans un autre prix. « PM » (pour mémoire) indique un poste sans valeur propre, ou parfois une prestation non chiffrée. Acceptables sur des postes mineurs, ces mentions doivent alerter sur un poste significatif : demandez où le montant est inclus. Au forfait, l’entreprise reste tenue de réaliser l’ouvrage décrit, mais une réponse écrite évite les discussions en phase chantier.

3. Les quantités modifiées

Dans une DPGF, l’entreprise est responsable des quantités et le règlement de la consultation l’autorise souvent à les modifier. Comparez systématiquement ses quantités à celles du cadre : ramener 1 200 m² de doublage à 950 m² fait gagner mécaniquement 21 % sur le poste. Mesure différente ou sous-estimation ? Il faut le savoir. Dans un DQE, en revanche, les quantités du maître d’œuvre ne doivent pas être modifiées.

4. Les erreurs quantité × prix unitaire

Recalculez chaque ligne. Exemple : 186 m² × 42,50 € = 7 905,00 €. Si l’entreprise a écrit 9 705,00 €, l’inversion de chiffres coûte 1 800 € au maître d’ouvrage ou à l’entreprise, selon le sens. Erreurs fréquentes : chiffres inversés, unités mélangées (m² et ml), lignes ajoutées sans être reportées dans le total.

5. Les sous-totaux et totaux faux

Vérifiez chaque sous-total, le total HT, la TVA, le total TTC, puis la concordance avec l’acte d’engagement ou le devis signé. Une formule de somme de tableur qui oublie les dernières lignes suffit à fausser un total de plusieurs milliers d’euros. Le règlement de la consultation précise généralement quelle pièce prévaut en cas de discordance ; à défaut, demandez à l’entreprise de confirmer son offre rectifiée.

6. Les options et les variantes

Une option (ou prestation supplémentaire éventuelle) est demandée à toutes les entreprises ; une variante est proposée par l’entreprise. Vérifiez que chacune a chiffré toutes les options, et comparez sur la même base : toutes les options, ou aucune. En marché public, une variante n’est recevable que si le dossier l’autorise ou l’exige.

7. Les écarts anormaux par poste

Pour chaque ligne, calculez l’écart avec l’estimation et avec la moyenne ou la médiane des offres. Un écart de 30 à 50 % ou plus sur un poste significatif mérite une vérification, même si le total paraît cohérent. Ils révèlent souvent une incompréhension du dossier ou un déséquilibre volontaire entre postes, parfois une offre anormalement basse (voir Offre anormalement basse).

Exemple de tableau comparatif des offres

Extrait d’un lot plâtrerie, montants en € HT.

PosteQuantité cadreEstimationEntreprise AEntreprise BEntreprise C
Cloisons 72/48840 m²33 600 €31 920 €35 280 €29 400 €
Doublages isolants1 200 m²54 000 €51 600 €49 400 € (950 m²)56 400 €
Plafonds suspendus610 m²27 450 €compris28 060 €26 230 €
Trappes de visite12 u1 440 €1 560 €PM1 320 €
Total116 490 €85 080 €112 740 €113 350 €

Lecture :

  • l’entreprise A, apparemment la moins chère, a porté les plafonds en « compris » : aucun montant n’apparaît pour un poste estimé à 27 450 €, et ses autres prix étant inférieurs à l’estimation, il est peu probable qu’il y soit réellement inclus ;
  • l’entreprise B a ramené les doublages à 950 m² au lieu de 1 200 m² : au prix unitaire qu’elle propose (52 €/m²), les 250 m² manquants représentent 13 000 € ;
  • l’entreprise C est la seule dont le chiffrage est complet sur ces quatre postes.

Classées sur le seul total, ces offres donnent A devant B et C, avec 28 270 € d’avance pour A sur C. Si les plafonds de A sont valorisés au prix de l’estimation, cette avance tombe à environ 800 €, et l’offre de B, complétée des 250 m² manquants, dépasse 125 000 €. Le classement apparent ne tient plus.

Check-list avant de choisir

  • Chaque ligne, sous-total et total a été recalculé.
  • Les quantités de chaque offre ont été comparées au cadre.
  • Les lignes vides, « compris » et « PM » ont fait l’objet d’une question écrite.
  • Les options sont comparées sur la même base.
  • Les corrections sont listées dans le rapport d’analyse des offres.

Ces contrôles s’intègrent dans la démarche globale décrite dans Analyse des offres d’un marché de travaux. Un logiciel comme Arkivia lit les DPGF reçues et fait automatiquement ces contrôles ligne par ligne.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une DPGF et un DQE ?

La DPGF décompose un prix global et forfaitaire : l’entreprise est payée sur ce prix, quelles que soient les quantités réellement exécutées, sauf modification des travaux. Le DQE applique les prix unitaires du BPU à des quantités estimées, identiques pour toutes les entreprises, pour comparer les offres d’un marché à prix unitaires. Le paiement se fait alors sur les quantités réellement exécutées.

Que faire d’une erreur de total dans une DPGF ?

Appliquez la règle prévue par le règlement de la consultation, qui précise en général quelle pièce prévaut. Le plus souvent, le montant est recalculé à partir des prix unitaires et l’entreprise est invitée à confirmer son offre rectifiée ; si elle refuse, son offre peut être écartée. En marché privé, procédez de la même façon par écrit pour garder une trace.

Comment comparer des offres dont les DPGF n’ont pas la même structure ?

Ramenez toutes les offres au cadre de décomposition du dossier, poste par poste, en reportant les postes regroupés ou ajoutés par l’entreprise. Pour l’éviter, imposez un cadre unique non modifiable, avec une colonne de quantités entreprise si celles-ci peuvent être corrigées.

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